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DE

CONCHYLIOLOGIE

PUBLIE SOUS LA DIRECTION

S>E MM. CROSSE XT FISCHER.

3e série. Tome XVP.

VOlilJIflE XXIV.

A PARIS.

CHEZ H. CROSSE, RUE TRONCHET, '25.

1990

/

3* Série. Tome XVI. 1.

JOURNA^

DE

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COMPRENANT

L'ETUDE DES MOLLUSQUES

▼ITANTS E^ réSSIlE^.j^jj.j ^ ,

Public sous la direction de nini. CROSSE et FISCHi:».

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A PARIS.

CHEZ H. CROSSE, RUE TROiNCHE£,,/2o.

DépAtà Paris, chezM. F. Savy, 77, boulevard Saint-Germain. " i,^

à Londres, chez MM. Williams et Norgate, 14, Heurietta-Streel, Covent-Garden ;

à Edimbourg, chez MM. Williams et Nokgate, 20, Soulh-Frederick-Slreet.

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PO. PARAITRE PROCHAINEMENT,

AU BUKEAU JOURNAL, RUE TRONCHKT, 25.

INDEX GÉNÉRA T SYSTÉMATIQUE des matières con- tenues dans les vin 'emiers volumes du JOURNAL DE CONCHYLIOLOGIE (i ^872).

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CHANGEMENT 'd'ADÉESSE.

La librairie F. Savy est transférée, par suite d'expropriation, 77, boulevard Saint- Germain, près la rue Hautefeuille.

OUVRAGES NOUVEAUX.

Beitrag zur Kennlniss der Fauna Mexicanischer Land und Sùss-wasser-Conchylien. II. Theil. Von Her- MANN Strebel. Hamburg, 1875, chez L. Friederichsen et comp. Brochure in-4° de 58 pages d'impression, accompa- gnée de 15 planches lithographiées. Prix : 15 fr.

Jahrbùcher der Deutschen Malakologischen Gesell- schaft. Redigirt von D' W. Kobelt, Francfort-sur-le-Mein, 1874 et 1875. Vol. I, in- de 362 pages d'impression, accom- pagné de 4 planches noires et coloriées. Vol. II, de 364 pages d'impression, accompagné de 12 planches noires et coloriées. Prix de chaque volume : 5 Thlr,

Nachrichtsblatt der Deutschen Malakologischen Gesellschaft. Francfort-sur-le-Mein, 1875. année. Un volume de 96 pages d'impression. Prix : 1 Thlr.

Submarine-cable Fauna, by J. Gwyn Jeffreys and the Rev. A. M. Norman. Londres, 1875. Brochure in de 8 pages d'impression, accompagnée d'une planche lithogra- phiée.

Le vallon de la FuUy et les Sables à Buccins des environs d'Heyrieu (Isère). Etude slratigraphique et paléoiUolo- gique, par F. Fontannes. Paris, 1875, chez F. Savy, libraire, 77, boulevard Saint-Germain. Brochure petit in-4° de 60 pages d'impression, accompagnée de 2 planches lithographiées.

Observations sur le classement des couches tertiaires moyennes dans le Limbourg belge, par Michel Mour- LON. Bruxelles. Brochure grand in-8' de 10 pages d'impres- sion.

Sur l'Etage dévonien des Psammites du Condroz en Condroz; par Michel Mourlon. Bruxelles, 1875. Brochure 10-8° de 80 pages d'impression, accompagnée de 2 planches de coupes coloriées.

Sur l'Etage dévonien des Psammites du Condroz, dans le bas>in de Theux, dans le ba^^sin septentrional (entre Aix- la-Chapelle et Ath) el dans le Boulonnais, par Michel Mourlon. Deuxième partie. Bruxelles, 1875. Brochure )n-8° de 42 pages d'impression, accompagnée de 1 planche de coupes coloriées.

JOURNAL

CONCHYLIOLOGIE.

l" Jauviei* iS96.

Monographie du Genre RHOIIEA.

Pau h. Crosse.

I. Historique du Genre.

MM. Henry et Arthur Adams ont créé, en 1858 (1), sous le nom de Rhodea (2), une coupe particulière, pour i'Acliatina Californica, coquille terrestre décrite par Pfeiffer, il y a une trentaine d'années (5) et très-remar- quable par l'ensemble de ses caractères. Ils n'attribuaient, d'ailleurs, à la nouvelle coupe qu'ils proposaient, qu'une valeur subgénérique et la considéraient comme une sec- tion du genre Columna de Perry. Cette manière de voir a été successivement adoptée, en 1859, par M. le D' Chenu, dans son Manuel de Conchyliologie (4) et, en 1869, par MM. W. G. Binney et Th. Bland, dans la première partie

(1) Gênera, vol. H , p. 134, 1858.

(2) Ktymologie : poS'iu, frulex rosae.

(3) Symb.,111, p. 89, 1846.

(4) Man. Conch., vol. I, p. 431, 1859.

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de leurs « Land and Freshwaler Shells of N. Ame- « rica (1). »

M. E. von Martens ne mentionne pas cette coupe dans sa deuxième édition posthume des « Heliceen » d'Albers, pourtant si abondamment pourvue de divisions génériques et subgénériques. Cet oubli provient, sans doute, de ce que l'auteur allemand n'a pas eu connaissance, en temps utile, de la création de MM. Adams.

En i875, nous trouvons, pour la première fois, le groupe des Rhodea élevé au rang de genre (2) par M. le profes- seur A. Mousson, à l'occasion de la découverte et de la description d'une deuxième espèce, beaucoup plus grande et bien plus fortement caractérisée que l'espèce typique, le R. gigantea, recueilli dans la Nouvelle-Grenade par M. G. Wallis, naturaliste voyageur. M. Mousson admet que les Rhodea doivent être, probablement, classés dans le voisinage immédiat des Columna.

M. Paelel adopte également le genre Rhodea, dans le courant de l'année 1875, et cite le R. gigantea, Mousson (3).

M. le D' L. Pfeiffer, qui, dans sa classification métho- dique des Hélicéens (4), publiée en 1855, avait cru devoir ranger parmi les Subulina, section du genre Achalina, l'espèce destinée à devenir plus tard le type de la coupe générique Rhodea, continua, jusqu'à ces derniers temps, à considérer cette espèce comme un Achatina, et il la mentionna encore ainsi, dans le sixième volume de sa Monographie des Hélicéens (5). En 1874 seulement,

(1) Land a. Freshwaler Shells N. America, 1, p. 190, 1869.

(2) Malak. Blàlter, vol. XXI, p. 16, 1873.

(3) Catal. Conch. Samml., p. 102, 1873.

(4) Vers, in Malak. Bl., vol. II, p. 169, 1855.

(5) Monog. Helic, vol. VI, p. 236, 1868.

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le savant naturaliste de Cassel s'est décidé à recon- naitre que les Rhodea, et particulièrement le R. giganten, ne pouvaient plus faire partie des Achalina el que l'adoption de ce nouveau genre semblait complètement justifiée (1).

Enfin, dans le cours de l'année 1875, la valeur géné- rique du groupe des Rhodea a été reconnue successive- ment par M. Paetel (2), déjà cité précédemment, par M. le D' Kobelt (3), qui pense que ce genre doit être rangé à côté des Megaspira, formes provenant également de l'Amérique du Sud, et par M. le D' H. Uolirn (4), qui, à l'occasion de la description d'une troisième espèce, of- frant la parlicularité d'un enroulement sénestre des tours, leR. Wallisiana, émet l'opinion que la place systématique du genre est dans le voisinage immédiat des Stenogyra, les coquilles des deux coupes présentant la même con- texture de test, le même système de coloration, la même tendance de l'épiderme à se décortiquer el en- fin, chez quelques espèces, le même aplatissement des tours (5).

II. Caractères et affinités.

Les auteurs de la coupe des Rhodea la caractérisent ainsi : « Coquille mince, dextre, en forme de Clausilie. « Dernier tour aplati, muni d'une carène tranchante, à la

(1) Novil. Conch., vol. IV, p. 120, 1874.

(2) Dlebisherverôfft.Fain.u. Gattungsnamender Moll.,p. 181, 1875.

(3) Jahrb. deuts. Malàk. Gesells., vol. II, p. 222, 1873.

(4) Nachrichsblatt, p. 57, 1875.

(5) Jahrb., vol. 11, p. 307, 1875.

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« base, et excavc en dessous. Columelle arquée, épaissie, « subtronquée (1). »

L'insuffisance de cette diagnose, dans laquelle la ma- jeure partie des caractères conslilutifs de la coupe se trouve omise, prouve qu'elle a été créée d'après l'aspect général de la coquille typique et, pour ainsi dire, instinc- tivement, plutôt qu'en suivant une méthode raisonnée.

Il convient, toutefois, d'ajouter, à la décharge des au- teurs, qu'ils n'ont connu qu'une seule espèce, la moins fortement caractérisée des trois, et qu'ils ne paraissent pas avoir eu, sous les yeux, des individus adultes.

Quoi qu'il en soit, leur diagnose primitive, à laquelle les auteurs qui sont venus après eux n'ont rien ajouté, doit être rectifiée dans ceitaines de ses parties et complé- tée dans d'autres.

Les rectifications portent sur les points suivants :

Le test n'est véritablement mince et fragile que dans l'espèce typique : il est plus solide dans les deux autres. Ce caractère n'est donc pas constant.

L'enroulement des tours n'est pas dextre dans toutes les espèces, puisque l'une d'elles, le R. Wallisiana, est sénestre.

Une seule espèce, le R. Wallisiana, se rapproche de certaines Clausilies, par la forme générale et la disposition de ses tours de spire. Les autres, à ce point de vue, sont plutôt voisines du groupe des Stenogyra.

La columelle ne paraît subironquée que chez les individus non adultes et chez ceux dont le bord basai est plus ou moins ébréché ou fracturé. Dans les individus

(1) « Shell thin, dexlral, clausiliaform; last Avhorl flatlened, « tlie base aculely carinated, cxcavated beneath; columella ar- « cualed, thickened, sub-truncate (H. et A. Adams, Gênera, vol. II, « p. 134, 1858). »

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adultes, le bord columellaire et le bord basai sont conti- nus (1), le premier formant avec le second un angle d'en- viron 50 degrés.

On voit que les seuls caractères de la diagnose origi- nale qui résistent à l'examen et qui aient une valeur sé- rieuse sont : la forme arquée et l'épaississement de la co- lumelle et la disposition du dernier tour, aplati, excavé en dessous et très-fortement caréné.

Voici maintenant les omissions auxquelles il convient de suppléer :

i" Tours embryonnaires tout à fait analogues à ceux des Stenogyra et contrastant, par leur forme convexe, avec les tours suivants, qui sont de plus en plus aplatis et dont le dernier est contracté et resserré d'une façon assez sen- sible.

Test strié obliquement et recouvert d'un épiderme jaunâtre, peu persistant et sujet à se déiacher par mor- ceaux et à disparaître plus ou moins complètement, par- ticulièrement sur les tours supérieurs.

Suture bien accusée, mais d'abord presque linéaire, présentant ensuite l'apparence d'un petit coi don, de plus en plus saillant, et finissant par se transformer, au dernier tour, en une carène très-développée, irès-proéminente et plus ou moins tranchante.

Déviation particulière du bord columellaire, qui, à sa partie supérieure, forme un pli fortement tordu et s'enroule en spirale autour d'un espace vide, occupant la place de l'axe longitudinal central de la coquille.

Par suite de cette disposition, existence d'une sorte de perforation ombilicale, peu large, mais très-profonde, située en avant du bord columellaire, au lieu de l'être en

(1) Voir la figure 2 de la planche i.

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arrière, comme chez celles de la plupart des autres co- quilles terrestres qui sont ombiliquées. Ce caractère, vé- rilablcraent insolite chez les Mollusques terrestres et fort remarquable, est constant chez toutes les espèces de Rho- dea actuellement connues et, par conséquent, de valeur générique (1).

G" Ouverture triangulaire (2), la base du triangle étant formée par le bord columellaire, l'un des côtés par le bord basai et l'autre par le bord externe.

Péristome continu (chez les individus adultes seule- ment) et de forme triangulaire : bord basai formant un premier angle d'environ 50 degrés avec le bord columel- laire el un second à son point de rencontre avec le bord exierne.

Animal ovovivipare, d'après M, Dolirn (5), qui lient sans doute ce renseignement de M. Wallis.

Quant à la place systématique que les Uliodea doivent occuper dans la méthode, les auteurs varient beaucoup dans leurs appréciations.

MM. Henry et Arthur Adams et, à leur exemple, MM. Chenu, W. G. Binney, Th. Bland et Paetel pensent qu'ils doivent être placés dans le voisinage immédiat du genre Columna, s'ils n'en constituent pas une simple sec- tion. M. H.Dohrncombatce rapprochement, en s'appuyant sur ce que les Columna sont un genre exclusivement Afri- cain, ce qui paraît exact, sur ce que ces Mollusques, qui sont de véritables Achatina à forme anormale, sont ovi-

(1) Voir les figures 1 6, 2 6 et 3 6 de la planche i.

(2) Et non sublélragone, comme le dit, dans la diagnose origi- nale de l'Achalina Californica, M. PfeilTer, qui, sans doute, n'aura eu à sa disposition que des individus en mauvais étal de conser- vation.

(3) Jahrbucher deuls. Malak. Ges,, vol. 11, p. 308, 1875.

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pares, tandis que les Rhodea sont ovovivipares, ce qui constitue, en effet, un caractère différentiel assez impor- tant, mais il va jusqu'à dire (1) qu'il ne peut parvenir à découvrir la moindre analogie entre les Rhodea et les Co- lumna, ce qui nous paraît exagéré. Nous lui en signale- rons au moins une. En effet, la torsion de la partie supé- rieure de la columelle, son élargissement, son développe- ment spiral autour de l'axe longitudinal vide de la coquille et l'espèce de perforation ombilicale interne qui résulte de cette disposition sont complètement les mêmes dans les deux genres. Et nous ne connaissons pas beaucoup d'exemples de ce mode d'enroulement columellaire parmi les Mollusques terrestres I Toutefois, nous devons recon- naître que les Rhodea s'éloignent des véritables Columna, non-seulement par leur habitat exclusivement Américain, tandis que celui des autres est exclusivement Africain, mais encore par des caractères conchyliologiques sérieux, tels que la forme et la contexlure des tours embryon- naires, le système de sculpture et le mode de coloration du test, la disposition de l'ouverture et celle du péri- stome, etc.

M. Kobelt pense que les Rhodea doivent être rangés à côté des Megaspira (2), également localisés comme eux dans l'Amérique du Sud. Nous ne partageons point cette manière de voir, la disposition des tours embryonnaires, le mode d'enroulement des tours suivants, la forme de l'ouverture, celle du péristome, le système de sculpture et la coloration nous paraissant essentiellement différents dans les deux groupes.

M. H. Dohrn considère la place naturelle des Rhodea

(1) Jahrb. deuts. Malak.Ges., vol. Il, p. 308, 1875.

(2) Jahrb. deuts. Malak. Ges., vol. II, p. 223, 1875.

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comme devant être à côté des Stenogyra, dont les repré- sentants les plus importants appartiennent à la môme Faune et auxquels ils se relient intimement par la con- texlure de leur coquille, par la pauvreté de leur système décoloration et par la tendance de leur épiderme à se dé- tacher (1). Cette opinion, qui se rapproche de celle que M. Pfeiffer a manifestée dans son premier essai de classi- fication naturelle des Mollusques terrestres (2), en plaçant son Achalina Californica dans la section des Subulina, nous paraît tout à fait plausible, et nous pensons, avec les deux auteurs précités , que le genre Rhodea doit être placé dans le voisinage immédiat des Stenogyra. Nous rappellerons, à l'appui de celte manière de voir, que les premiers tours des Rhodea sont à peu près complètement semblables à ceux du Stenogyra octona, et nous ajoute- rons que M, A. Mousson, qui a eu sous les yeux des indi- vidus, presque embryonnaires et ne comptant que 2 à 5 tours de spire, de son R. giganlea, les compare à des Leptinaria, qui n'auraient pas de lamelle pariétale (3). Or, les Leptinaria appartiennent à la même famille que les Stenogyra. De plus, quelques genres voisins, tels que les Spiraxis (sensu stricto) et les Mclaniella, commencent à présenter des formes irrégulières d'ouverture et de pé- rislome, qui conduisent, par une transition naturelle, à ce que l'on observe, sous ce rapport, chez les Rhodea. L'élude de Tanimal pourra seule fixer, d'une manière définitive, la place que doit occuper ce genre cu- rieux.

Nous croyons utile de donner ici, avant de passer à la

(1) Jahrb. deuts. Malak. Ges., vol. Il, p. 308-309, 1875.

(2) Vers., p. 169, 1855.

(3) Malak. Bl., vol. XXI, p. 17, 1873.

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description des espèces, une diagnose générique plus complète que celle de MM. Adams.

Gemis Rhodea, H. et A. Adams, 1858. T. pone columellam imperforata, sed ante, in loco axis longitudinalis, profunde umhiUcata^ cylindraceo-turrita, parum crassa, subtranslucida, oblique striata, sub epder- mide teniii, plus mimisve decidua, corneo-lutescente^ alhi- da; spiraelongata, polygyrata, npice rotundato, obtusulo; sutura in anfractibus superis linearis, in sequentibus mu- gis ac magis impressa, mox funiculiformis ; anfractus nu- merosi, primi convexiusculi, sequenles planali, ultimus spira multo minor, carina valida^ prominula circumda' tus y infra carinam excavatus ; apertura subobliqua, triangularis ; peristoma {i7i adultis speciminibus) conti- nuum, înarginibus junctis, parietali appresso, columellari arcuato, dilatato, basin attingente , truncaturam simu- lante, cum basait angulum formante, supra valide torto, spiraliter circumvoluto, basali subhorizontali , alterum angulum cum externo formante.

Coquille imperforée en arrière de la columelle, mais munie, en avant, d'une sorte d'ombilic assez étroit et profond, qui occupe la place de l'axe longitudinal, turri- culée, cylindracée, médiocrement épaisse, subtranslucide et marquée de stries obliques. Fond de coloration blan- châtre, sous un épiderme mince, peu persistant et jau- nâtre. Spire allongée, composée de tours nombreux et se terminant par un sommet arrondi et assez obtus. Suture linéaire, dans les tours supérieurs, de plus en plus accu- sée, dans les tours suivants, et finissant par former un petit cordon saillant. Tours de spire nombreux; premiers tours assez convexes ; tours suivants aplatis ; dernier tour beaucoup plus petit que la spire, muni d'une carène for-

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temenl développée et saillante, qui continue la suture, et excavé en dessous de cette carène. Ouverture assez obliquC;, de forme triangulaire et pourvue, à l'intérieur, d'une rai- nure bien marquée, correspondant à la saillie de la carène externe. Péristome continu (seulement chez les individus adultes) : bords réunis l'un à l'autre; bord pariétal appli- qué et adhérent; bord columellaire arqué, développé, descendant jusqu'à la base, simulant (particulièrement chez les individus jeunes) une troncature qui n'est qu'ap- parente, et formant un angle presque droit avec le bord basai, fortement tordu, à sa partie supérieure, et enroulé en spirale; bord basai presque horizontal et formant un autre angle avec le bord externe.

III. Catalogue des espèces.

\. Rhodea Pfeifferi, Crosse (pi. I, fig. 4, 1 a et 1 6). Achatina Californica, Pfeiffer, Symb. Hel., III, p. 89,

1846. Achatina Californica, Pfeiffer, Monog. Helic, vol. II,

p. 267, 1848. Achatina Californica, Reeve, Conch. le, 115, 1850. Achatina Californica, Pfeiffer, Monog. Helic. , vol. III,

p. 501, 1853. Subulina Californica, Pfeiffer, Vers., p. 169, 1855. Columna (Rhodea) Californica, H. et A. Adams, Gênera,

vol. II, p. 134, 1858. Achatina Californica, W. G. Binney, Proc. Acad. naf. se.

Philadelphia, vol. X, p. 198, 1858. Achatina Californica, W. G. Binney, I. c, tirage à part,

p. 20, 1858. Achatina Californica, Pfeiffer, Monog. Helic, vol. IV,

p. 616, 1859.

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Achatina Californica, W. G. Binney, Terr. Moll., vol. IV,

p. 26, pi. Lxxix, fig. 19, 1859. Coliimna (Rhodea) Californica, Chenu, Man. Conch.,

vol. 1, p. 451, fig. 3172, 1859. Achatina Californica, W. G. Binney, Check Lists, sect. I,

p. 2, 1860. Achatina Californica, W. G. Binney, Bibliog. N. Am.

Conch., vol. II, p. 105, 1864. Achatina Californica, Bland , Ann. Lyc. New-York,

vol. VIII, p. 166, fig. 10, 1865. Achatina Californica, Pfeilfer, Monog. Helic, vol. VI,

p. 256, 1868. Columna (Rhodea) Californica, W. G. Binney et Bland,

Land a. Freshwat. shells N. Amer., part. I, p. 190,

fig. 350, 1869. Rhodea Californica, Dohrn, Jahrb. deuts. Malak. Gesell.

vol. II, p. 508,1875. T. pone columellam imperforata, sed ante, in nperturo, profunde et pervie umbilicala, suhulata, tennis^ subobli- que et confertissime rugoso-striata, livide cereo-alhida , spira turrila, elongata, apice obtusulo ; sutura impressa; anfr. 11-13, embryonales primi 2 1/2 lœvigati, convexi^ nitiduli, cornet, cœteri haud nitentes, ^-k ultimi planati, ultimus 1/6 longitudinis paulo superans, basi acute cari- natus, infra cariiiam siibexcavatus ; columella arcuata, basin attingens, incrassata, dilatata, truncaturam men- tiens, supra valide toria, circa axem internutn, vacuum, umbiliciformem convoluta; apertura subtrigona, intus concolor ; peristoma simplex, acutum. Lo)ig. 22, diam. maj. 3 1/2 mill. Apert. 3 1/2 mill. longa, 2 1/2 lata (coll. Grosse).

Habitat in Nova- Granada, Americœ 7neridionalis (Wallis).

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Coquille imperforée en arrière du bord columellaire, mais munie, en avant de ce bord et à l'intérieur de l'ou- verture, d'un ombilic bien apparent, médiocrement large, très-profond et permettant d'apercevoir les tours supérieurs de la coquille, de forme subulée, mince, munie de stries rugueuses très-fines, très-serrées et dirigées en sens oblique. Coloration d'un jaune de cire tournant an blanc livide. Spire turriculée, allongée et se terminant par un sommet arrondi et assez obtus. Suture bien mar- quée; tours de spire au nombre de 11 à 13 ^ tours em- bryonnaires, au nombre de 2 1/2, lisses, polis, convexes, cornés, translucides et assez luisants, tandis que les autres sont ternes; tours suivants aplatis, particulièrement les 5 ou 4 avant-derniers ; dernier tour formant un peu plus de 1/6 de la longueur totale, muni d'une carène tran- chante, dans le voisinage de la partie basale, et subexcavé au-dessous de cette carène. Columelle arquée, arrivant jusqu'à la base, épaissie, développée, présentant une fausse apparence de troncature à la base, fortement tor- due, à sa partie supérieure, et enroulée autour d'un axe interne vide et en forme d'ombilic. Ouverture sublriangu- laire et de même couleur que le reste de la coquille, h l'intérieur. Péristome simple et tranchant du côlé du bord basai et du bord externe.

Longueur totale de la coquille 22 millimètres, plus grand diamètre 5 1/2. Longueur de l'ouverture 5 1/2 mil- limètres, plus grande largeur 2 1/2. (Coll. Crosse.)

Bab. Bogota, dans la Nouvelle-Grenade (Th. Bland) ; Nouvelle-Grenade (Wallis).

Obs. Celte espèce est la plus anciennement connue du genre et c'est sur elle que la coupe des Rhodea a été éta- blie. Elle a été communiquée par H. Cuming, avec une indication d'habitat erroné : « Monlerey, California, » à

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M. L. Pfeiffer, qui l'a décrite, en 1846, sous le nom d'Achatina Californica. Celte dénomination, qui consacre une grosse erreur de distribution géographique, puis- qu'elle place dans l'Amérique du Is'ord une espèce prove- nant, en réalité, de l'Amérique du Sud, nous semble, pour cette raison , ne pas pouvoir être conservée. Nous proposons de la remplacer par une autre, mieux appro- priée, et de donner à la forme typique du genre Rhodea le nom du savant naturaliste de Cassel qui l'a fait con- naître le premier. Il est superflu d'ajouter, au point de vue de l'exactitude des faits, que jamais le R. Pfeifferi n'a été trouvé en Californie par aucun naturaliste, tandis que sa présence dans la Nouvelle-Grenade a élé signalée suc- cessivement par MM. Thom;is Blan.l et Wallis, qui ont rapporté des échantillons, recueillis par eux-mêmes dans cette partie de l'Amérique du Sud.

Le R. Pfeifferi est, jusqu'ici du moins, la plus petite espèce du genre et, en même temps, la moins répandue dans les collections, surtout h l'état adulte. Son bord ba- sai, excessivement fragile, est presque toujours plus ou moins fracturé, ce qui donne à la partie basale du bord columellaire l'apparence d'une troncature qui n'existe pas, en réalité, chez les individus complètement adultes, et à bord basai parfaitement intact. Chez ces derniers, ainsi qu'on peut le voir pour le R. gigantea, Mousson, sur la figure 2 de notre planche I, le bord columellaire forme, il est vrai, avec le bord basai, un angle très-pro- r nonce à leur point de rencontre, mais il n'est nullement tronqué, puisque le périslome, bien que très-accidenté, ne cesse pas d'être continu.

La torsion du bord columellaire autour de l'axe central est très-fortement prononcée chez le R. Pfeifferi. Il en résulte que l'ombilic interne formé par l'enroulement en

2

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spirale de la columelle est relativement très-grand, très- profond et permet d'apercevoir les premiers tours de la co- iiuille assez distinctement.

Les figures de l'espèce, données par MM. Reeve et Che- nu, sont très-inexactes, particulièrement en ce qu'elles représentent le sommet de la coquille comme étant poin- tu, tandis qu'il est, au contraire, obtus et arrondi comme celui du Stenogyra octona, Chemnitz, et des autres es- pèces du même genre.

Nous devons la communication des individus de notre collection, y compris celle de l'exemplaire parfaitement frais et à tours embryonnaires intacts, mais encore incom- plètement adulte (1) et à bord basai un peu entamé, que nous figurons (pi. I, fig. \, i a et \ 6), à deux de nos ho- norables correspondants des Etats-Unis, MM. W. G. Bin- ney et Th. Bland, bien connus des naturalistes par leurs excellents travaux sur les Mollusques de l'Amérique du Nord et des Antilles.

2. RhODEA GIGANTEA, MoussoH (pi. I, fig. 2, 2 a et 2 6).

Rhodea giganlea, Mousson, Malak. Bl., vol. XXI, p. 13,

1875. Rhodea giganlea, Paetel, Cat. Conch. Samml., p. i02,

1875. Rhodea gigantea, PfeifTer, Novit. Conch., vol, IV, p. 119,

pi. cxxvii, fig. 10, 11, 1874. Rhodea gigantea, Kobelt, Jahrbiicher deuts. Malak. Ges.,

vol. II, p. 222, pi. VI, fig. 5, 1875.

1\ pone columellam imper forata^ sedante, in apertura,

(1) L'exemplaire figuré ne compte que 11 tours de spire et les ailleurs en indiquen! de 12 à 13 pour les individus adultes. H. C.

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sat profunde umhiiicata^ turrito-cylindracea, bacilUfor- mis, oblique, confertim et œque plicato-slriata, nitore destituta, sub epidermide decidua , corneo-grisea albida ; spira polygyrata, lente attenuata, apice obtusulo, nucleolo hyalmo, demidato, albido ; sutura impressa; anfr. 14 len. tissime accrescentes, primi 2 1/2 nitidi, lœvigati, con- vexiusculi,sequentes plani, sutura lineari vel filo-margina- taseparati, ullimus concave contractus, carina dorsaliper- erecta insigniter circumdaius, ad basin excavatus, carina secunda juxta regionem umbilici oblique voluta muni tus , apertura subobliqua {iO^cum axi), \ll longitudinis œquans, triangularis, angulo primo ad insertionem protractam marginis liberi, secundo recto, extus ad carinam eversam peripheriœ, tertio ad columellam subverticalem-, tortam ; peristoma breviter expansum, vix reflexiusculum , mar- ginihus continuis, parietali appresso, columellari breviter reflexo, de carina infera semisoluto, basali suhhorizontali, recto, sub angulo 50° cum columella jimcto, externo obli- qua, antrorsum juxta insertionem attenuato. Long. 60, diam. maj. 9 mill. (coll. Crosse).

Habitat Bogota: Sonson, provinciœ Antioquia dictœ, et in Valle Cauca, Novœ Granadœ (Wallis).

Coquille imperforée en arrière du bord coliimellaire, mais munie, en avant de ce bord et à l'intérieur de l'ou- verture, d'une sorte d'ombilic bien apparent et assez pro- fomlj formé par l'enroulement du bord columellaire au- tour d'un espace vide qui représente l'axe central , turriculée, cylindracée, baciUiforme, munie de stries pli- ciformes fines, serrées, égales entre elles et disposées obli- quement. Test généralement terne et blanchâtre sous un épiderme peu persistant, sujet à se détacher par morceaux et d'un jaune corné grisâtre. Spire élancée et à tours nombreux, terminée par un sommet assez obtus, à nu-

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cléus cristallin, blanchâtre et entièrement dépourvu d'é- piderme. Suture bien marquée. Tours de spire au nombre àe 14 et s'accroissant très-lentemenl ; tours embryon- naires, au nombre de 2 1/2, assez convexes, luisants, cristallins, blanchâtres et entièrement dépourvus d'épi- derme ; tours suivants ternes, épidermés, de moins en moins convexes, finissant par devenir tout h fait plans et séparés les uns des autres par une suture d'abord linéaire, puis filiforme, augmentant d'importance, dans les der- niers lours, et finissant par présenter l'apparence d'une sorte de petit cordon, légèrement sailUmt et arrondi ; dernier tour contracté en sens concave, muni d'une ca- rène dorsale très-tiéveloppée, excessivement saillante et très-particulière, excavé du côté de la base et présentant, dans son \oisinagc, une seconde carène, dirigée obli- quement et dont la torsion interne du bord columel- laire semble être la continuation directe (1). Ouverture légèrement oblique, formant ijV de la longueur totale, luisante, d'un blanc grisâtre et de forme nettement trian- gulaire, le premier angle se dessinant près du point d'in- sertion du bord externe, le second à la jonction de ce (iernier avec le bord basai, à l'endroit précis se ter- mine la grande carène externe, à laquelle correspond, à l'intérieur, une forte rainure, le troisième formé par la rencontre de la columelle avec le bord basai. Péristome d'un blanc grisâtre, brièvement développé, faiblement ré- fléchi et à bords continus (chez les individus adultes); bord pariétal appliqué sur lavant-dernier tour auquel il adhère; bord coluraellaire brièvement réfléchi, assez nettement séparé de la seconde carène, suivant d'abord une direction presque verticale et présentant ensuite une

(ij PI. 1, nv.2.

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forte torsion, qui se continue autour de l'axe central «les tours; bord basai presque horizontal et formant un angle de 50° avec la columelle, qui semble tronquée, mais qui ne l'est pas en réalité, au moins chez les individus adultes, puisque le péristome est continu (1); bord externe à di- rection oblique, atténué près du point d'insertion.

Longueur totale de la coquille 60 millimètres, plus grand diamètre 9. (Coll. Crosse.)

Hab. Nouvelle-Grenade : Bogota (Wallis, d'après Pfeif- fer), Sonson , dans la province d'Antioquia et la partie moyenne du Bassin du Rio Cauca (Wallis, d'après 0. Semper).

Obs. Celle espèce constitue assurément une des formes de Mollusques terrestres les plus remarquables de l'Amé- rique du Sud. Ainsi que son nom l'indique, c'est le géant du genre. C'est aussi la forme chez laquelle les caractères génériques se trouvent développés avec le plus d'énergie et sont le plus faciles à étudier.

3. Uhodea Wallisiana, Dohrn (pi. 1, fig. 5, 5 a tio b).

Rhodea Wallisiana, Dohrn, Nachrichsbiatt deuts. Malak.

Ges., p. 57, 1875. Rhodea Wallisiana, Dohrn, Jahrb. deuts. Malak. Ges., .

vol. II, p. 507, pi. X, fig. 7, 8, 1875.

T. sinistrorsa, pone columellam imperforata, sed ante, m apertura, sat auguste umbilicata , cylindraceo-tui^rita, sat tennis, confertim oblique rugoso-striata, sub epidermide pallide cornea, decidua, parum nitente calcarea, sordide albida; spira sat elongata, apice oblusulo ; sutura impres sa; anfr. 11-12, summi convexiusculi, sequentes subi?i/la~

(1) PI. I, iig. 2.

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ti, medii plani , 2 ultimi carina acuta, prominente discreti , medio concavi, ultimus hasi excavatus ; apertura obliqua, triangularis, concolor ; peristoma sordide alhidum, margi- nibus arcuatis, columellari supra torto, lamina lata cir- cumvoluto, hasi subrecto, valde protracto, truncaturam simulante, basait subhorizontali, subaciito, externo atte- nicatOj suhinflexo. Longit. 33, diam. maj. 6 '1/2 7nilL (Coll. Crosse). Habitat in farte superiore vallis Magdalenœ (Wallis).

Coquille sénestre, imperforée en arrière du bord colu- mellaire, mais munie, en avant de ce bord et à l'intérieur de l'ouverture, d'une sorte d'ombilic assez étroit, mais profond, cylindracée, turriculée, assez mince et munie de stries rugueuses, fines, serrées et obliques. Test assez terne et d'un blanc sale, sous un épiderme d'un jaune corné clair et très-peu persistant. Spire un peu allongée, terminée par un sommet assez obtus. Suture bien mar- quée, linéaire d'abord, puis finissant par former un cor- don de plus en plus saillant. Tours de spire au nombre de H à 12; premiers tours, légèrement convexes, à peu près lisses et plus luisants que les autres; tours suivants formant, dans leur ensemble, un renflement bien marqué; tours de la partie médiane aplatis ; avant-dernier et der- nier tours séparés l'un de l'autre par une carène saillante et de plus en plus forte, visiblement atténués et concaves, l\ leur partie médiane; dernier tour excavé à la partie basale. Ouverture oblique, triangulaire et de même cou- leur que les parties du test dépouillées d'épiderme. Pé- ristome d'un blanc sale et à bords arqués : bord columel- laire tordu, à sa partie supérieure, et formant une large lamelle qui s'enroule en spirale autour de l'axe central, se redressant et se portant en avant, ù la base, il si- mule la troncature; bord basai assez horizontal et presque

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tranchant ; bord externe également presque tranchant, atténué et un peu flexueux.

Longueur totale de la coquille 35 millimètres, plus grand diamètre 6 1/2. (Coll. Crosse.)

Hah. Nouvelle-Grenade : partie supérieure du bassin de la Magdalena (Wallis).

Obs. Cette espèce se dislingue facilement de ses con- génères par la disposition sénestre de ses tours de spire. Sous le rapport de la taille, elle est intermédiaire entre le R. Pfeifièri et le R. gigantea, plus grande que le premier et plus petite que le second. Elle diffère aussi des deux autres espèces par le renflement caractéristique de quel- ques-uns de ses tours ; ce renflement, auquel succède un rétrécissement notable des tours suivants, lui donne, sous le rapport de l'aspect général, une certaine ressem- blance avec les grandes Clausilies Américaines du groupe des Nenia.

Nous ferons observer que la flgure de cette espèce don- née par M. Dohrn (1) n'est exacte ni sous le rapport de la coloration générale, ni sous celui de la forme du sommet de la spire qu'il représente comme pointu, tandis qu'il est, en réalité, obtus et arrondi.

IV. Distribution géographique.

Le genre Rhodea ne compte que 5 espèces actuelle- ment connues : ce sont celles que nous venons d'énumé- rer. Elles forment un petit groupe, localisé dans la Nou- velle-Grenade, c'est-à-dire dans la région la plus septentrionale de l'Amérique du Sud. Autant que l'on en peut juger d'après les localités données par iMM. Bland et Wallis, ces espèces vivent dans la partie centrale (Bogota)

(1) Jahrbùcher deuls. Malak. Ces., vol. 11, pi. x, tig. 7, 8,

24 ~

et sur le versant atlantique (Antioquia ; Bassins du Rio Cauca et du Rio Magdalena) de la Nouvelle-Grenade.

Nous ne connaissons aucune espèce fossile qui fasse partie du genre Rhodea. H. C.

Coquilles recueillies par m. le D' sicTcrs dans

les contrées Traiiscaiicasiqnes,

PAR Alb. Mousson.

Notice 11.

Dans le numéro de juillet 1875 du Journal de Conchy- liologie, j'ai publié une première Notice sur les coquilles qu'avait recueillies M le D' Sievers, lors de ses tournées géologiques dans la Transcaucasie méridionale. Il a, de- puis, continué ses excursions, en les étendant au delà des frontières russes, d'un côlé vers les montagnes de l'Ar- ménie, de l'autre vers le versant ca^pique du mont Elburs. Dans l'état actuel de nos connaissances, il me semble tou- jours encore utile d'enregistrer tous les faits précis qui contribuent, soit à compléter la Faune malacologique de ces contrées, soit à fixer, par de nouvelles localités bien authentiques, le domaine des diverses espèces. C'est le but de cette seconde Notice, dans laquelle je me propose de rendre compte des deux derniers envois de M. Sievers, arrivés en 1874 et 1875.

La littérature malacologique des conlrées en question n'est pas sans une certaine étendue. Outre les travaux des naturalistes Russes, qui datent d'au moins vingt ans, outre l'article que j'ai publié en 1865 sur les envois de MM. Dubois, Bayer et Schlœfli, enfin outre ma Notice Sievers de 1875, il a paru deux Mémoires assez étendus et d'une grande imporlance.

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Le premier, qui m'était inconnu lors de ma première Notice, parut en 1865 (1) et donna, par la plume de M. le professeur Issel, de Gênes, la description des objets qu'avaient recueillis les naturalistes qui accompagnèrent l'ambassade diplomatique qu'envoya alors l'Italie au Schah de Perse. M. le professeur De Filippi, M. le marquis Doria et M. Lessona rapportèrent 88 espèces différentes, dont 16 sont décrites comme nouvelles et proviennent de l'Arménie, de Bakou et de la Perse boréale, pays que tra- versa l'expédition.

Le second Mémoire, qui est à M. de Martens, de Berlin, a paru en 1873 (2), peu après ma première Notice. Il se propose un plan très-vaste, celui de donner un ta- bleau complet de toutes nos connaissances relatives à la malacologie de l'Asie centrale occidentale, lableau em- brassant tous les pays situés entre la mer Caspienne et le Caucase, d'une part, jusqu'aux frontières de l'Egypte, de l'autre. M. de Martens divise ce vaste terrain géographique- ment, et non suivant le caractère des Faunes, en 17 régions, dont 3, la Transcaucasie, l'Arménie et la côte Caspienne du Ghilan et du Mésandéran, répondent aux contrées que visita iM. Sievers. Les données dont disposa M. de Martens étaient, outre les publications citées plus baut, les collec- tions que rapporta un voyageur botaniste, M. le profes- seur Hausknecht, de ses tournées à travers une grande partie de l'Asie Mineure, de la Mésopotamie et de la Perse.

Dans la présente Notice, je me contenterai simplement de mentionner les espèces déjà décrites, en indiquant les

(1) A. Issel. Dei Molluschi raccoUi dalla Missione Italiana. Torino, 1865.

(2) Ueber vorderasialische Conchylien. Nach den Senduagen des prof. Hausknecht. Von D' E. v. Martens. Cassel (sans date}.

^6

nouvelles localilés et en ajoulant quelques remarques géo- graphiques. Quant aux autres, il conviendra d'en faire les diagnoses complètes et d'indiquer leurs rapports d'affini- tés avec les espèces voisines. Quelques-unes de ces espèces ont été recueillies par Madame de Koloboff et par un en- tomologiste, M. le professeur Christoph.

1. Hyalina (Mesomphix) semiscdlpta, Mousson

(pi. n,fig. i).

T. beneperforala, convexo-depressa, tenuis, supra forti- ter striala et lineis decurrentibus decussata, obscure pur- pureo-fusca , infra glaberrima, leniter lacteo-violacea. Spira 7-egularis, plano-convexa; summo planiusculo ; su- tura impressa. Anfr. 5 1/2, modice accrescentes, ad sutu- ram forliter slriati, convexhisculi ; ultimus non descende/as ^ paulo major ^ angulo evanescenle perobtuso prœditus, sub- tus convexior. Apert. vix obliqua (20° cum axi), sat magna, lunato-subcircularis. Perist. rectum, aciitum; marginibus non approximatis ; columellari ad umbilicum profundum paulo protracto.

Diam. maj. 12, min. 10; ait. 8 mill. Rat. anfr. 3 : 7. Rat. apert. 1 : 1 .

Hab. Bord Persan de la mer Caspienne. Trouvé un seul individu en bon état.

Les grandes Hyalines du groupe Mesomphix consti- tuent un des traits les plus saillants de la Transcaucasie. On en connaît 6 espèces.

1. H.filicum,Krynicki.— Pfr.,Mon.,IV, 14.— Coq. Schl.,II, 21.

2. H. Mingrelica, Mousson.— Coq. Schl., II, 25. 5. H. Cypria, PfeifFer, Pfr., Mon., 1/99.— Coq.

Schl., II, 23. 4. H. Koutaisana, Mousson. Coq. Schl., II, 23.

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5. H. Diiboisi, Charpentier. Coq. Schl., H, 23.

6. H. selecta, Mousson. Coq. Schl., II, 25. L'espèce présente se distingue de toutes les précédentes

par deux caractères très-particuliers : par sa couleur remarquable d'un brun-pourpre foncé, passant, vers la base, à un violet un peu lacté; par la